Synthèse des perspectives mondiales : en baisse mais toujours en course

21 November 2018 | Marchés et économie

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L’économie mondiale entame sa dixième année d’expansion après la crise financière mondiale sur fond d’inquiétudes croissantes quant à l’imminence d’une récession. Même si plusieurs facteurs sont de nature à accroitre le risque de récession en 2019, un ralentissement de la croissance – les Etats-Unis et la Chine en tête – est le scénario le plus probable. En résumé, la croissance économique devrait ralentir mais pas s’arrêter.

Nous pensons que l’économie mondiale va continuer de croitre, mais à un rythme plus lent, au cours des deux prochaines années, ce qui peut parfois conduire à ce que l’on appelle des craintes de croissance. En 2019, la croissance de l’économie américaine devrait revenir à un niveau plus raisonnable de 2 %, les avantages liés à la politique fiscale et monétaire expansionniste tendant à s’atténuer. L’Europe se trouve à un niveau moins avancé du cycle économique, bien que nous nous attendions à ce que la croissance reste modeste.

Dans les marchés émergents, la croissance de la Chine restera aux alentours de 6 %, avec l’application de davantage de mesures de relance pour maintenir ce cap. Selon nous, le facteur de risque le plus important reste les tensions commerciales non résolues entre les Etats-Unis et la Chine, suivi d’un resserrement plus fort que prévu de la part de la Réserve fédérale américaine si le taux de chômage continue de chuter pour se rapprocher des 3 %.>

Inflation mondiale : un niveau supérieur à 2 % est peu probable

Les perspectives précédentes de Vanguard ont correctement anticipé le fait que les forces séculaires de la mondialisation et l’innovation technologique rendraient plus difficile la réalisation de l’objectif d’inflation de 2 % aux Etats-Unis, en Europe, au Japon et partout ailleurs. En 2018, nous avions correctement prévu un raffermissement cyclique de l’inflation de base dans diverses économies. En 2019, nous ne prévoyons pas de risque important d’autres hausses supplémentaires de l’inflation de base malgré des taux de chômage moins élevés et des salaires en hausse. Cela est dû au fait que les hausses des salaires ne devraient pas être canalisées vers les prix à la consommation en hausse, dans la mesure où les attentes inflationnistes devraient rester fortement ancrées.

Aux Etats-Unis, nous pensons que l’inflation de base se maintiendra aux alentours de 2 % et qu’elle devrait même faiblir d’ici fin 2019 ; une escalade des droits de douane ou des cours du pétrole ne devrait affecter l’inflation de base américaine que de manière temporaire. En Europe et au Japon, les pressions sur les prix devraient augmenter progressivement à mesure que le sous-emploi diminue, même si l’inflation de base devrait rester bien en dessous de 2 %. Une hausse des salaires est probable, mais pas une hausse de l’inflation.

Politique monétaire : la convergence commence, la Fed s’arrête autour de 3 %

A mesure que l’inflation se rapproche de l’objectif des banques centrales, que les risques liés à la stabilité financière augmentent et que les taux de chômage continuent d’approcher ou de tomber en dessous des estimations de plein emploi, les banques centrales mondiales vont rester sur la voie d’une normalisation progressive.

Aux Etats-Unis, nous continuons de penser que la Fed atteindra son taux final pour ce cycle lors de l’été 2019, ramenant le taux aux alentours de 2,75 % à 3 % avant de mettre fin à de nouvelles hausses en cas d’inflation sans accélération et de croissance des revenus en baisse. Cependant, les banques centrales d’autres marchés développés commenceront seulement à relever leurs taux d’intérêt après les creux atteints lors de la crise. Nous prévoyons la première hausse de taux de la part de la Banque Centrale Européenne en septembre 2019, suivie d’une augmentation très progressive par la suite. Le Japon est en retard et nous ne prévoyons pas de hausses des taux en 2019, bien qu'il soit probable que quelques ajustements apportés à son cadre de politique monétaire permettent d’atténuer le risque lié à la stabilité financière. Les pays des marchés émergents ne sont plus maîtres de leur destin et seront forcés d’adopter un resserrement de leur politique en même temps que la Fed, tandis que la Chine est en mesure d’inverser la tendance grâce à un contrôle des capitaux renforcé et à une légère dépréciation supplémentaire de sa devise.

Objectif d’investissement : on n’a rien sans rien

Avec le ralentissement de la croissance, les taux d’inflation disparates et la poursuite de la normalisation de la politique monétaire, des poussées de volatilité sur les marchés d’actions et obligataires risquent de persister, voire d’accélérer. Nos perspectives à court terme pour les marchés d’actions mondiaux restent prudentes, mais nous n’entrevoyons pas de marché baissier dans l’immédiat dans la mesure où nous ne prévoyons pas de récession mondiale en 2019. Les rendements ajustés des risques sur les quelques années à venir devraient être modestes au mieux, au vu du contexte de faible croissance et de politique monétaire moins conciliante.

Cependant, tout espoir n’est pas perdu. A plus long terme, nos perspectives à dix ans pour les rendements d’investissement commencent à s’améliorer légèrement lorsque nous intégrons la hausse des taux d’intérêt à court terme dans les principaux marchés développés. Il s’agit de la première révision (modeste) à la hausse de nos perspectives pour les marchés mondiaux depuis plus de dix ans.

Les rendements des obligations européennes devraient se situer entre 0,5 % et 1,5 %, tandis que les perspectives de rendement pour les obligations mondiales (hors actifs en euros) se situent à présent entre 0,5 % et 1,8 %.

Les rendements des marchés d’actions mondiaux devraient se situer aux alentours de 2 % à 5 % pour les investisseurs en euros. Cela reste bien plus bas que ce que nous avons connu lors des décennies précédentes et lors des années ayant suivi la crise, lorsque les actions mondiales ont progressé de 10 % par an après la dépression du repli du marché. Toutefois, nous prévoyons une amélioration des perspectives de rendement en s’appuyant sur des valorisations légèrement plus attractives (un facteur clé pour les primes de risques pour les actions) combinées à des taux sans risques attendus plus élevés.

Comme cela était le cas l’année dernière, le risque de correction pour les actions et autres actifs à bêta élevé devrait être bien plus élevé que pour les portefeuilles d’obligations de qualité supérieure, dont les rendements prévisionnels sur les cinq prochaines années ne sont positifs qu’en valeur nominale.

Dans nos prochaines perspectives économiques et de marché annuelles, nous préciserons nos attentes pour les marchés mondiaux en 2019 et au-delà.

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